Hier soir, en allant chercher mes petits qui
avaient passé le mercredi chez leurs grands-parents, mes parents
donc, nous ont gardés pour dîner. Maman avait fait les
gaspachos.... Chez, nous ce plat est traditionnellement un
plat de fête qui réunit de nombreuses convives à table, famille ou
amis tout le monde aime car c'est un plat simple, goûteux et qui
cale bien l'estomac. On le prépare dans une poêle à bords hauts
(genre poêle à paella en plus haute).
Depuis ma petite enfance, j'ai
eu l'habitude de le déguster sans avoir la curiosité d'en
apprendre un peu plus sur les origines de ce plat que nous mangeons
régulièrement et qui a une symbolique de jour de fête (comme les
jours de paella) où les tontons grattent leur guitare en chantant
de vieilles chansons espagnoles....Il faut dire que du côté de ma
famille maternelle, ils sont d'origine pieds noirs et ne rigolent
pas avec la nourriture ! Chez nous bien manger, c'est du
sérieux.
Voici ce que j'ai trouvé sur le net (source Wikipédia) et qui retrace bien les origines
du gaspacho manchego :
« Le gaspacho manchois (gazpacho
manchego) est un ragoût de petit gibier et de viande blanche,
accompagné de galettes de froment appelées tortas de
gazpacho. C'est un plat qui se mange chaud et qu'il ne
faut pas confondre avec le potage froid du même
nom.
Le gaspacho manchois est un plat de bergers qui trouve
son origine dans la région de La Manche (Espagne), dans la région voisine
de Murcia et aussi
à Valence où il est connu sous le nom de gaspatxo manxec (ou
manxego). D'Espagne, il a gagné Oran, ville
d'Algérie où était implantée une forte population d'origine
ibérique - ce qui lui vaut parfois le nom de gazpacho oranais ou de
gazpacho pieds-noirs.
Les Pieds-Noirs l'appellent tout simplement « gazpacho ». Très
populaire en Oranie, il est
le plat du traditionnel pique-nique du lundi de Pâques, indissociable de la mona (ou mouna) et du
lancer de bilochas (cerfs-volants). Il se prépare au feu de bois,
dans un plat à hauts bords sur lequel on voit rissoler trois à cinq viandes différentes, mais pas plus : on
rencontre souvent le poulet, le lapin, l'échine de porc, mais aussi
l'agneau, le veau, les cailles,
la pintade,
le pigeon,
les perdreaux ou le
canard[... »
Vu
sa composition, c'est un plat rustique, de chasseurs, et de grande
compagnie.
Il
existe sans doute de nombreuses versions à ce plat, voici la
recette telle que je la prépare, même si le plat en photo est celui
de ma maman (je ne pourrais le préparer moi-même que lorsque je
retournerais en Espagne pour me ravitailler en paquet de galettes
en morceaux que l'on ne trouve que là-bas, je pourrais aussi
préparer ces galettes moi-même mais alors là, ça va me prendre un
temps fou !!)
Faire revenir des cuisses de poulet, des morceaux de
lapin et de l'échine de porc en morceaux dans de l'huile d'olive
(quantité de viande à adapter suivant le nombre de convives).
Pendant ce temps, émincer 2 kgs d'oignons (et oui, c'est
nécessaire pour que ce plat soit réussi, c'est la partie pénible de
la confection mais ça vaut vraiment la peine. Pour éviter de
pleurer comme une madeleine, je coupe les oignons sous un filet
d'eau, si si ça marche
).
Lorsque la viande est bien grillée l'ôter de la poêle et
mettre les oignons à la place ; rajouter de l'huile d'olive si
nécessaire. Lorsqu'ils commencent à bien rissoler, rajouter 1 Kgs
de tomates coupées en petits morceaux. Rajouter 4 gousses
d'ail hachées grossièrement, un bouquet garni, du sel, du
poivre, un paquet d'épices spéciales gaspachos manchago et un
paquet de colorant safrané (les deux très difficile à trouver
en France).
Remettre toutes les viandes, couvrir avec
2 litres d'eau. Laisser cuire 1 heure.
Ajouter ensuite les galettes et laisser cuire 15 minutes.
Couper le feu et attendre 1 petit quart d'heure pour que
les morceaux de galette soient bien imbibés sans
continuer à cuire, cela évite qu'elles deviennent
pâteuses.

"Ceux
qu'une même nourriture réunit, sont unis pour la
vie."
Proverbe Malgache